Dans la petite ville coréenne de Keelung, le salon de coiffure Dong-Hua-Chun semble ne pas avoir changé depuis 30 ans. C’est effectivement l’époque à laquelle le père, Dong, a abandonné sa femme, Chun, et son fils, Hua, le jour de ses 10 ans. Depuis, plus aucune nouvelle jusqu’à sa mort récente précédée de l’envoi d’un courrier singulier. Il y explique enfin les raisons de son départ soudain et lui annonce l’arrivée de sa petite sœur Yu-lan, de 20 ans sa cadette !
Ayant repris le salon de coiffure familial depuis plusieurs années, Hua accueille « ce cadeau » de façon dubitative. D’autant que Yu-lan est assez rétive à l’idée de rester dans cet endroit vieillot et ce, malgré l’accueil chaleureux que lui fait le jeune Li-qi. C’est l’employé de Hua. Il vient de sortir de prison et est en liberté conditionnelle.
Finalement, ils se retrouvent à 3 dans le salon, comme il y a 30 ans, à l’époque du bonheur familial. Chacun a en lui des souvenirs joyeux mais aussi douloureux voire traumatiques. Ils pourraient ensemble reconstruire un foyer.
Ce 1er tome met en place les fondations de cette histoire de famille recomposée avec de nombreux flash back mais aussi un « grand théâtre Don–Hua-Chun » qui reprend des scènes anciennes du passé des personnages. Ainsi la récurrence de certains motifs, tels la ruelle sombre ou le magnolia en fleur, comme autant de métaphores, tisse des résonnances et crée les liens.
Le dessin de ce manhua est très réaliste. C’est un subtil tracé à la plume réhaussé de grisés délicats. La mise en page reste classique avec quelques déstructurations qui dynamisent l’ensemble. Le tout donne consistance à cette histoire de vies. C’est elle qui a fait connaître Ruan Guang-Min, en 2010, en Corée puis à l’international.
On a hâte de lire la suite d’autant que 2 autres tomes suivront.
Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON
Dong-Hua-Chun Barbershop de Ruan Guang-Min, 216 pages, 8,50 €, éd. Kana. En librairie le 28 août 2026.

