Dans les mers de Chine, le capitaine Julian Drake, mercenaire surnommé « le dragon », a le malheur de croiser la route de Ching Shih (1), la plus puissante pirate de tous les temps : la Reine. Plutôt que de le tuer, elle lui laisse la vie sauve par 2 fois. « Mais sachez qu’il n’y aura pas de 3ème fois ! Lui lance-t-elle.
Effet d’attente garanti ou déception assumée, l’album se poursuit bien par une ellipse, mais l’aventure n’aura pas lieu avec la fille du sanguinaire Wuuang Fu mais un baron allemand : Van der Beers, récupéré à moitié déshydraté dans un canot par ledit dragon. Ce dernier se met au service du premier contre forte rémunération s’il parvient à retrouver sa « fille ».
Les voilà bientôt dans le delta du fleuve, le repaire des drapeaux rouges commandés par Ching Shih.
L’argument est un peu alambiqué mais il nous replonge avec nostalgie dans l’univers d’Hugo Pratt. En effet, Vianello était l’assistant de ce dernier depuis Les scorpions du désert, dans les années 70 puis Corto en Sibérie. Il l’a accompagné jusqu’à la fin de sa vie en 1995.
On comprend alors que son graphisme soit si proche de celui du maître. Un dessin dynamique, de beaux noirs et blancs intenses, une mise en page aérée créent une œuvre fluide et cohérente. Les aventures rocambolesques de ce capitaine mercenaire « qui respecte les règles de la piraterie » donnennt lieu à de belles scènes de combat qui contrastent avec les faux semblants de certaines conversations. Les femmes y sont fatales. Le tout permet au lecteur de voyager, de s’évader dans des méandres exotiques.
La fin ouverte laisse notre héros prêt à rencontrer une dernière fois la Reine. Mais ce sera dans un prochain opus.
Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON
(1) Lire notre chronique : Zheng Shi T.1 La rivière des perles de Jean-Yves Delitte paraît chez Glénat. - ASIEXPO La Maison des Cultures Asiatiques La Reine et le dragon de Vianello, 47 pages, 15 €, éd. Mosquito. En librairie le 6 mars 2026.

