Dans sa postface à son recueil de nouvelles graphiques À jamais dans ce jardin, Shizuka Nakano avoue : « Quand je suis dans un jardin, mon cœur bat la chamade et tout, autour de moi, me semble majestueux, sans que je puisse me l’expliquer. » Ce sont ces émotions qui l’ont inspirée dans la réalisation de ces 7 histoires courtes fort réussies.
Du jardinier samouraï qui se bat, virevoltant, contre les aiguilles de pin qui tombent sur son jardin de pierres zen au journal du jardin luxuriant, c’est un festival de poésie. Le surnaturel apporte aussi sa touche de féerie comme dans « Le manoir aquarium » où un orbe permet à un petit garçon de retrouver sa maman et la parole. Il peut être aussi un peu inquiétant dans « Le jardin Euréka » où une lycéenne découvre le secret d’un grand arbre noir. Et même une préfiguration de la mort dans la nouvelle éponyme. Enfin, « Un jardinier en congé » met en scène des betta, des poissons combattants, dans un ballet surprenant et magnifique.
Le dessin est à la fois descriptif et incisif. Le trait rend bien la luxuriance maîtrisée ou non des différents types de jardins, réels ou oniriques. Les « couleurs » sont rendues par une large gamme de grisés, créant ainsi une belle profondeur. La mise en page reste classique avec quelques pleines pages qui créent les respirations de ces courts récits.
On découvre ainsi un univers très secret, subtil, et original d’une grande richesse intérieure.
Ce quatrième manga de l’autrice est une réussite !
Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON
À jamais dans ce jardin de Shizuka Nakano, traduit du japonais par Kallie Lagorce, 184 pages, 14 €, coll. Urban comics, éd.IMHO. En librairie le 19 juin 2026.

