La Fugitive de Battabang de David Roncin paraît aux éditions Gope.

Après une excursion au Vietnam, dont on n’apprend la raison peu avouable qu’à la fin de l’histoire, Rainier le Guellec effectue un détour d’agrément au Cambodge. Enfin, il le croit. Ainsi, commence le roman La Fugitive de Battabang de David Roncin. Après la découverte inopinée d’un sac appartenant à un Français dans le parc Wat Botum de Phnom Penh, il s’ensuit pour le protagoniste un ensemble de péripéties aussi rocambolesques qu’imprévues.

Elles le conduisent à tomber amoureux d’une Cambodgienne d’origine Cham. Cependant, l’idylle est très fortement perturbée par la quête liée au contenu de la trouvaille.

En effet, le sac recèle une révélation peu banale. Lors de la prise de la capitale par les troupes Khmers rouges, la princesse Sisanmoni fut exécutée, mais par qui ? C’est ce que mettent en avant les documents trouvés dans le sac, mais sans donner la réponse. Cependant, d’autres papiers révèlent qu’en 1999, Kunthéa une jeune fille de 9 ans affirme être la réincarnation de la princesse et qu’en plus elle connaît son assassin !

Il ne faut pas plus de mystère pour que Rainier parte à la recherche du propriétaire du sac. Autant pour le lui rendre et que pour connaître la vérité sur la fuite inexpliquée, là aussi, de Kunthéa de la ville de Battanbang.

Bien que grandement aidé par sa « fée » Cham, comme il l’appelle, le Français fait face à de nombreuses rencontres. Parfois, certaines s’avèrent amicales, mais d’autres l’entraînent, au risque de sa vie, dans des aventures superstition cupidité rivalisent.

Heureusement qu’une amulette, un phra ngang, trouvée dans le sac protège Rainier ainsi que le père de sa « fée ». Ces fragiles soutiens lui permettront-ils de connaître le fin mot du meurtre de la princesse ? T

out d’abord, le livre nous apprend énormément sur les us et coutumes des Cambodgiens, nombreuses, chatoyantes ou tragiques. Et notamment leur superstition au travers de l’histoire de l’amulette. Elle passe de main en main tout en protégeant ses propriétaires, bien qu’elle soit assez horrible avec ses yeux rouge sang.

Ensuite, l’histoire mêle savamment les différentes trajectoires que prend la quête de Rainier pour en dynamiser le récit.

Enfin, les multiples personnages sont forts bien campés et sont pétris d’humanisme. Plusieurs d’entre eux cachent bien des mystères, mais pour la bonne cause.

Un récit dense et plein de rebondissements à laquelle le lecteur s’attachera avec un immense plaisir d’autant que l’exotisme est tenu à distance pour lui offrir une tranche de vie intense d’un pays à découvrir.

Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON

La Fugitive de Battabang de David Roncin, 336 pages, 21 € sur https://www.gope-editions.fr

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