Histoire mondiale du covid de William Audureau paraît aux éditions Allary.

Dès l’introduction du livre, Histoire mondiale du covid de William Audureau, deux composantes éclairent le lecteur sur sa teneur. D’une part, cet ouvrage s’annonce comme le premier à compiler les évènements constituant la pandémie (1). D’autre part, sa construction chronologique, séquentielle et datée constitue son atout majeur, sa colonne vertébrale pour ainsi dire, bien que ce moyen rédactionnel soit peu habituel pour un essai.

Tout au long de l’ouvrage, l’auteur nous immerge dans la dynamique des évènements tant à Wuhan et son laboratoire P4 qu’à l’étranger. Il n’oublie jamais de nous partager les questionnements et les hésitations de nombreux intervenants de par le monde. En effet, après la malencontreuse gestion de départ de la maladie dans la capitale du Hubei, en trois mois toute la planète est contaminée. Alors qu’elle aurait pu être circonscrite à Wuhan, aisément. Toutefois, le souvenir du traumatisme du SRAS de 2003 pour la Chine a sans doute rendu les autorités municipales bien falotes, sans compter que les nationales n’ont eu la certitude de la contagiosité du covid-19 que bien trop tard. Si on rajoute les déplacements de millions de personnes aux quatre coins du pays pour le nouvel an chinois à la période de l’émergence de la maladie, on comprend mieux l’inévitable propagation du virus sur tout le territoire.

En plus de cela, l’auteur prend bien soin de pointer les multiples conspirations et fausses révélations tant en Chine qu’à l’étranger. Par là même, il essaie de limiter le doute sur de nombreuses zones de l’affaire. Par contre, son insistance à dénigrer les propos du professeur Raoult tient plus de l’attaque personnelle que du débat scientifique.

D’autant qu’à aucun moment, il ne rapporte la moindre preuve contraire. Mais est-ce possible ? Le contexte est factuel. C’est sa qualité et son défaut.

Mais on s’étonne tout de même que pour justifier une zoonose, l’auteur rapporte qu’un scientifique ait cherché des preuves dans Wikipédia (page 259) pour se convaincre qu’il n’est pas confronté à une fuite de laboratoire ou pire à un complot militaire chinois. Depuis quand ce site est-il spécialiste en virologie ? Bien sûr, le journaliste n’est pas responsable d’une telle décision. Cependant, de là à la rapporter sans émettre quelques réserves, on est dubitatif devant un tel exercice de son métier.

Reste que la lecture de l’essai est fort agréable. Il se lit comme un thriller médical en quelque sorte. D’autant que l’auteur suit méticuleusement chaque information qu’il consigne. Les remarques sont synthétisées, afin de rendre plus cohérente et fluide leur prise de connaissance.

On regrette que les données informatives sur de nombreux protagonistes soient un peu trop succinctes, voire omises.

Peut-être, aussi, qu’un tableau récapitulatif des décès couvrant l’ensemble de la pandémie à l’échelle mondiale et par tranche d’âge manque. Ce qui aurait permis de mieux se rendre compte de la réalité des conséquences de la contagion, surtout avant et après les contraintes vaccinales.

Un livre nécessaire sans en attendre des révélations extraordinaires. Il permet avant tout de restituer les évènements dans leur imbrication chronologique. Ce qui n’est déjà pas une mince gageure connaissant les gouvernants à souffler le chaud et le froid, afin de prétendre garder le contrôle de la situation.

Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON

(1) Lire notre chronique : https://asiexpo.fr/fausses-pandemies-vrais-mensonges-de-corinne-lalo-parait-aux-editions-magnus/

Histoire mondiale du covid de William Audureau, 512 pages, 22,90 €,éd. Allary.

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