Gangnam de Ian Manook paraît aux éditions Flammarion.

La compréhension des interactions entre individus asiatiques reste souvent complexe pour un regard occidental. Pourtant, malgré une intrigue foisonnante et une multitude de personnages hauts en couleur, le roman Gangnam de Ian Manook parvient à rendre la Corée du Sud accessible et fascinante. Grâce lui en soit rendue.

Dès les premières pages, le récit s’ouvre sur l’enlèvement improbable d’une Française à peine débarquée à Séoul, par un jour d’averse apocalyptique. À partir de cet instant, une galerie d’individus des plus hétérogènes s’engage dans une course poursuite pour la retrouver.

C’est alors que surgit Gangnam — de son vrai nom Lee Min-ho, comme le célèbre acteur — un ancien policier avec un passé suspect. Dès son apparition, humour grinçant et menace s’entremêlent. Il fait équipe avec une inspectrice au style marqué par l’esthétique des mangas coréens et de la k-pop. Sous ses airs rebelles et son accoutrement provocateur se cache en réalité une faille intime qu’elle camoufle ainsi.

Tous deux se lancent à la recherche de l’otage. Ils sont aidés plus ou moins par le mari, Marc Verneuil. Lui aussi, un ancien policier, mais désormais écrivain de ... polars.

Dès lors, l’intrigue se transforme en un tourbillon d’aventures rocambolesques, de trahisons et de rebondissements inattendus, jusqu’à ce que la femme finisse par se libérer par ses propres moyens. Un comble !

Le style de Ian Manook allie l’humour à une très grande précision des us et coutumes des divers milieux qu’il campe. Il suffit d’évoquer la scène du petit-déjeuner français devant le procureur : un véritable choc des civilisations, à la fois cocasse et révélateur culturel.

Toujours dans le domaine des fulgurances comiques, l’auteur s’amuse doucement à ses dépens. Ainsi, lorsque les deux personnages principaux s’entretiennent à propos du mari  : « Il a l’air sympa, mais c’est un écrivain. Ces types-là sont tordus, surtout les auteurs de polars », l’autodérision est manifeste et savoureuse.

Mais ce qui marque plus que tout dans ce roman et peut-être jusqu’à concurrencer l’intrigue, c’est que Ian Manook nous invite à une visite guidée sur mesure de la Corée sans même nous déplacer. Tant pour les plats et les boissons que pour les mœurs des gangsters locaux, sans oublier la k-pop et la police.
La fluidité de la narration permet de soutenir une intrigue haletante pour la mener à bon terme. Les protagonistes d’un réalisme vigoureux nous entraînent à tourner les pages sans mollir. Un régal !
Un beau voyage au cœur du pays du matin pas si calme !

Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON

Gangnam de Ian Manook, 448 pages, 22,50 €, éd. Flammarion. En librairie le 8 octobre 2025.

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