Festival Annecy 2025 : Interview de Kinoshita Baku pour « Housenka »

Bonjour Mr Kinoshita Baku. Vous faites de l’animation depuis l’université, qu’est-ce qui vous intéresse dans ce média ?
– Déjà je peux insuffler de la vie au personnage que je crée, c’est un plaisir et j’ai une grande liberté pour faire vivre ces personnages à travers la voix, les mouvements, je peux vraiment définir leur caractère. J’adore travailler sur la mise en scène, le découpage, les lumières, les mouvements de caméra ; c’est vraiment la mise en scène dans l’animation qui est infinie et il y a encore des choses que je n’ai pas réussi à exploiter. Les possibilités sont infinies

Quel a été votre parcours depuis l’obtention de votre diplôme ? Vous êtes directement arrivé dans cette société ?
– En réalité un des professeurs que j’ai eu à la fac était aussi producteur et il m’a proposé de faire des petits boulots dans sa société pendant mes études. Après avoir eu mon diplôme, je suis entré dans sa société j’aidais les autres employés.

Odd Taxi était votre idée, vous l’avez peaufiné avec Mr Kunamoto : est-ce que vous vous attendiez à un tel succès public ?
– Je suis vraiment très fier, de mon équipe et de ce que nous avons fait. Après le film, nous sommes restés amis et nous continuons à travailler ensemble.

Combien vous est venu l’idée du scénario de Housenka ?
– Odd Taxi était une série télé et le 4ème épisode est sans dialogue, uniquement de la narration. J’ai beaucoup aimé cette forme. Finalement le film n’est pas comme cela mais j’ai voulu beaucoup travailler sur l’échange des mots. J’ai eu l’idée de faire 2 personnages, un humain et l’autre non. Le film est basé sur l’échange entre ces 2 personnages, c’est le point de départ et le pont central du film.

Pour Housenka, vous avez aussi fait le chara-design : est-ce important pour vous de vous en occuper vous-même ?
– C’est le producteur qui m’a demandé de m’en occuper, je pensais solliciter quelqu’un d’autre pour cela mais j’ai finalement accepté de le faire ; c’est quelque chose de prestigieux, le travail était dur mais je l’ai fait avec plaisir.

Vous êtes basé sur des films pour créer les yakusas, n’avez pas eu peur de vous éloigner de la réalité dure de ce milieu dans ce que vous dépeignez dans le film ?
– Je ne m’inquiète pas de la manière dont je représente les yakusas. Je ne les montre pas comme des personnes bêtes et méchants. Leur métier c’est d’être yakusa mais je voulais avant tout parler dans ce film de l’amour et de la famille

Pour revenir à Kutsu, c’est quelqu’un de foncièrement gentil, relativement intelligent, il a un don avec ses cartes dans sa tête. S’il n’avait pas été yakuza, qu’aurait-il pu devenir selon vous ?
– Puisse qu’il sait dessiner, il aurait pu être professeur dans les beaux-arts

Cela aurait une bonne promotion, je pense qu’il aurait la patience d’enseigner
– Je suis sûr en effet qu’il serait un très bon enseignant.

Le film est une histoire d’amour et de famille dans le monde des yakuzas, est-ce qu’il y a un message que vouliez faire passer par rapport à vos personnages ?
– Les formes de familles sont très variées et toute vie est légitime d’être vécue. Pour moi l’important c’est de donner l’assurance d’être aimé, tout un chacun et chacun doit se sentir aimé et doivent avoir des preuves qu’ils sont aimés. Si les gens se sentent aimer, je pense que les gens seront plus heureux.

Avez-vous d’autres projets en cours ?
– Top secret.

Est-ce que vous seriez prêt à faire le chara-design pour un autre film dont vous ne seriez pas le réalisateur si on vous le proposait ?
– Oui, j’aimerais bien

Merci beaucoup

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