Festival Annecy 2025 : Interview de Kenji Iwaisawa pour « 100 mètres (Hyakuemu) »

Bonjour Mr Kenji Iwaisawa. Vous avez réalisé « On Gaku » quasiment seul en 7 ans et demi. Avec le recul comment voyez-vous cette expérience ?
– C’est un film que j’ai fait personnellement, une autoproduction, avec juste une toute petite équipe de non professionnel. C’était dur mais cela valait le coup car c’est ce succès qui m’a permis de réaliser « 100 mètres » donc heureusement que je n’ai pas abandonné.

Vous attendiez-vous à un tel succès pour « On Gaku », tant critique que public ?
– Je ne m’attendais pas du tout à ce succès, surtout à l’international. J’ai reçu des messages de l’étranger sur les réseaux social, il y avait une vraie réaction mondiale et c’est quelque chose que je n’avais jamais imaginé.

Avec le succès de votre premier film, on vous a alloué un budget et une vraie équipe. Cela a dû être un sacré changement pour vous ? Est-ce que cela ne vous a pas perturbé dans votre travail ?
– J’ai toujours travaillé de manière indépendante et même si je suis avec des professionnels aujourd’hui, cet esprit d’indépendance n’a pas trop changé pour autant. C’est vrai que maintenant j’ai un budget important et une équipe professionnelle, c’est un peu perturbant car il y a des règles et j’ai un peu moins de liberté.

Si vous continuez à faire des films, allez-vous garder ce mélange entre liberté et professionnalisme ?
– Avec l’expérience de « 100 mètres », j’ai vu que c’était difficile de mélanger les deux (indépendance et professionnalisme). J’ai une méthode de travail très particulière et j’aimerais bien, je ne sais pas si mon prochain film sera comme cela, mais j’aimerais bien constituer une équipe qui pourrait s’adapter à ma méthode de travail.

L’idée d’adapter le manga de Uoto venait de vous il me semble : pourquoi avoir choisi ce titre ?
– J’ai d’abord lu « Le Mouvement de la Terre » de Uoto que j’ai bien aimé et j’ai commencé à chercher ce qu’il avait fait comme autre manga. C’est comme cela que j’ai découvert « 100 mètres » que j’ai beaucoup aimé. A ce moment-là, je ne pensais pas tout à l’adapter mais 1 mois plus tard par hasard quelqu’un m’a proposé de l’adapter en film. J’ai pensé que c’était le destin car je venais de le lire et donc j’ai accepté avec grand plaisir.

Comme vous avez dû pas mal adapter le manga, le raccourcir pour en réaliser un film, avez-vous été en contact avec le mangaka pour vous aider ou avez-vous avez tout fait tout seul ?
– Au début, j’ai commencé à travailler seul et j’ai restructuré l’histoire car on ne peut pas tout mettre dans un long métrage. Une fois ceci fait, j’ai rencontré l’auteur Mr Uoto ; il m’a dit de changer certaines parties tandis que d’autres, même si c’étaient mes idées à moi, il les a trouvées bien.

Vous avez utilisé à nouveau la rotoscopie pour votre film : est-ce plus par facilité parce que vous l’aviez déjà utilisé ou bien aimez-vous vraiment cette technique ?
– Je ne sais pas si j’aime vraiment particulièrement cette méthode mais j’ai toujours fait des films en rotoscopie depuis mes courts-métrages. Pour ces projets précis, je savais que sans cette technique, je ne pourrais pas réaliser le film. J’ai fait « On Gaku » avec puis « 100 mètres » également, même avec une équipe professionnelle, car je pense que c’est un peu ma marque de fabrique. C’est avec elle que je peux vraiment afficher mon côté auteur.

Au cours de la séance d’hier, par rapport à ce que vous avez dit, la réaction du public a été excellente : vous êtes donc prêt à partir pour un nouveau film ?
– J’ai tout fait pour pouvoir réaliser un autre film donc le succès en France est important pour moi.

Avez-vous déjà des idées pour un prochain projet ?
– J’ai une idée, un titre qui s’appelle « Hina is Beautiful » dont la production n’a pas encore démarré.

Complètement autre chose : avez-vous bien été producteur du film « Jinsei » de Suzuki Ryuya ?
– Le réalisateur a fait ce fim quasiment tout seul. Sur le plan visuel tout était bon mais il lui manquait la partie sonore. Comme il travaillait seul avec son ipad il lui fallait retravailler le master pour l’adapter aux salles de cinéma. C’est un budget avec une vraie équipe. C’est comme cela que je suis devenu producteur de son film, également pour l’aider à la distribution dans tout le Japon. Et c’est moi qui lui ai dit d’envoyer le film à Annecy. S’il a été sélectionné, c’est grâce à son talent mais c’est moi qui lui ai dit de postuler.

Et vous avez bien fait, son film est intéressant. Merci pour tout.

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