Tokyo, 2008. Takaki Tôno est un jeune informaticien de 29 ans. Il a une vie banale et monotone, refusant presque le contact avec autrui tant il semble toujours plongé en lui-même. Des bribes de souvenirs remontent cependant d’un passé où il était passionné d’astronomie, curieux de tout, enjoué et plein de confiance en l’avenir.
Qu’a-t-il donc vécu pour se refermer autant et ne plus croire en la vie ?
C’est surtout 1991 qui cristallise ses souvenirs. Il a alors une douzaine d’années et rencontre, dans son école, la jeune Akari. Ils sont faits l’un pour l’autre et s’aiment à jamais. Mais de déménagements en déménagement, la vie les éloigne.
Takaki et Araki parviendront-ils à se retrouver ? Le cherchent-ils d’ailleurs en dépit de la promesse qu’ils s’étaient faite ? Ou comment chacun poursuit sa route après une expérience fusionnelle hors du commun.
Cinq centimètres par seconde, c’est d’abord la vitesse de chute des pétales de cerisier ou des flocons de neige. C’est ensuite un film d’animation du début des années 2000, le premier signé Makoto Shinkai. Il est devenu culte depuis, malgré ses imperfections et son côté inachevé, reconnaît volontiers le réalisateur de l’excellent Suzume (2022). Yoshiyuki Okuyama, lui-même né en 1991, c’est un signe, en fait un film en prises de vue réelles, chronique douce-amère de ces années révolues, pleine de poésie. La bande son y tient une grande place avec plusieurs chansons un peu kitsch de l’époque.
Le réalisateur mêle les époques, les personnages, les thèmes et les lieux dans un maelström virevoltant qui ne s’apaise que dans l’observation de la nature. Ciel, arbres, mer, vent… les éléments affirment notre appartenance au cosmos et se confondent, à l’image, avec les souvenirs de l’enfance. Et même si « la probabilité que 2 personnes se rencontrent par hasard est de 0,0003 % » et bien il y a de l’espoir !
La beauté et l’originalité des cadres font aussi du film une œuvre à la fois personnelle et assez universelle. Comme pour nous dire que les choses importantes du passé ne sont pas des souvenirs mais font partie de notre quotidien, nous constituent.
Le film est à l’image de cette phrase de Soseki : « La lune est belle » à qui l’on demandait de traduire « I love you ».
Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON
Cinq centimètres par seconde de Yoshiyuki Okuyama. Japon, 2025, 121 min. Distr. Eurozoom. En salle le 25 fevrier 2026.

