Visions poétiques : exposition de peintures sur soie de Dinh Tho Nha

Il rêva longtemps de ces longues créatures languides vêtues de bleu d’alizarine et de pâles violets. Environnées d’enfants, elles hantaient des jardins paisibles où les saules pleureurs tremblaient sur les eaux tranquilles des bassins.

Des orchidées se dressaient hors des vases à haut col devant des miroirs suspendus. Images d’un temps arrêté, à son enfance peut être, à son adolescence figé par un exil, image de douces femmes rêvées, mères ou amantes perdues dans un Viêt-Nam mythique où il aimait se réfugier.

Devenu à Paris, piéton tranquille, Nha DINH-THO accumula les observations sur cette ville qu’il découvrait lentement, un Paris dont il se mit à rechercher les stigmates, les traces, les blessures sur des lieux autrefois éclatants de gaieté et de fêtes puis recouvertes d’affiches lacérées, de fenêtres murées, de grilles closes.

Images poétiques à l’extrême qui conjuguent l’habilité du dessinateur, la précision du calligraphe, la fluidité de l’aquarelliste, la liberté du poète.

Nha, vous dit : « Toute le vie de Cité se lit sur ces murs qui vont disparaître ».

Lorsqu’en 1998, il retrouve Hà Nôi, il s’étonne de la ville grouillante et laborieuse où le flot des deux roues cache les murs et leur histoire.

A jamais disparus, les jardins clos, les bassins d’eaux tranquilles, les ancêtres honorés, les jeunes femmes à la chevelure de jas, à la grâce de fleurs … appartenant à un passé révolu.

A Hà Nôi comme à Paris, Nha va traquer le temps, en rechercher les stigmates sur les murs où ne s’appuient plus les vélos innombrables des cyclistes fatigués.

Il retrouve les échoppes au bord des trottoirs, les portes altérées de la ville close autrefois.

Il simplifie, bannit le mouvement, oublie la foule grouillante et laborieuse et ne nous restitue, presque abstraitement, que les coloris subtils d’un patchwork d’étroites demeures juxtaposées.

Part pris de rigueur d’un inventaire à la Prévert d’une subtile cruauté, la technique de la peinture sur soie qu’il maîtrise savamment lui permet de joindre une précision aiguë aux fluidités de l’aquarelle.

Elle sert à merveille cette double expression où la maturité de son talent s’est depuis longtemps affirmée.

Ouvert mercredi de 18 heures à 21 heures et samedi de 14 heures à 20 heures
Vernissage le jeudi 2 septembre 2010 à partir de 19 heures

Date : du jeudi 2 septembre au samedi 2 octobre 2010

Lieu : Galerie Librairie Impressions, 98 rue Quincampoix, 75003 Paris, M° Rambuteau (ligne 11)