K-SHOCK

K-SHOCK

Alice, jeune étudiante française, part pendant 1 an suivre ses cours en Corée du Sud. Elle rêvait depuis longtemps de s’immerger dans la culture coréenne, notamment la très en vogue K-pop et avec un peu de chance de pouvoir rencontrer des idoles.

On la retrouve à Séoul, le soir de noël, seule et un peu morose. Elle n’a pas vraiment réussi à s’intégrer et se rend compte que vivre à Séoul n’est pas aussi « fun » qu’elle le pensait. Sortant pour s’acheter à manger, elle glisse dans la neige et renverse un jeune coréen un peu ivre. Le jeune homme n’est autre que Jae Sun, un rappeur amateur. Ce dernier ne sait pas encore qu’il va bientôt être propulsé sur les réseaux sociaux grâce à une vidéo, mise en ligne par un de ses amis, sur laquelle on le voit chanter les difficultés de la jeunesse coréenne. Cette rencontre qui démarre plutôt mal va permettre à Alice d’approcher enfin de plus près la culture moderne coréenne qu’on appelle la Hallyu ou « vague coréenne » et qui est devenu en quelques années seulement un phénomène mondial.

Ce roman graphique est très intéressant de part l’univers qu’il nous fait découvrir. La culture coréenne est à la fois fascinante et effrayante. Fascinante car innovante, jeune, colorée et dynamique. Effrayante car impitoyable, rude pour ceux qui veulent en faire partie et sans état d’âme vis à vis des nombreux candidats mis à l’écart.

Christelle Pécout, française d’origine coréenne, a un vrai talent pour le dessin et la mise en scène, fluides et agréables. On peut regretter cependant un certain manque de consistance du scénario. A plusieurs reprises, on a l’impression qu’il manque quelque chose, une scène ou un dialogue, qu’on aurait enlevé pour raccourcir l’histoire.

Jae Sun, le rebelle propulsé dans le monde codifié et très structuré des shows télévisés et de la compétition semble contre toute attente bien s’adapter à ce milieu. Les craintes qu’il exprime au début et les premiers rapports difficiles avec d’autres participants ne sont en fin de compte pas développés ce qui est dommage.

Fan de K-pop ou non, cette histoire nous fait découvrir un peu plus l’univers rude et moderne de la jeunesse coréenne actuelle.

Editions Glénat, 104 pages, mars 2016

 

Delphine Boutonnet