Festival 2005 de court metrage de Clermont-Ferrand

Festival 2005 de court metrage de Clermont-Ferrand

Cette année, j’ai eu la chance de découvrir le festival international du Court-métrage qui s’est déroulé du 29 janvier au 5 février à Clermont-Ferrand. J’aimerais vous faire partager quelques uns de mes coups de coeur.

Le premier film qui m’a tout d’abord touchée s’intitule «Saanjh» (Crépuscule en hindi) réalisé par Jasmine Kaur une jeune indienne, étudiante à l’Ecole de cinéma de Bombay. Cette oeuvre dotée d’un charme délicat, est un véritable bijou d’authenticité. C’est l’histoire d’un vieil homme «Baba» qui glisse peu à peu dans la sénilité. Il vit dans une pension, sans famille, au beau milieu de la ville de Pune. Un jeune homme va devenir son voisin. Au cours d’une nuit, Baba s’assoupit, laissant fonctionner sa radio bruyamment. Le nouveau voisin inquiet frappe à la porte du vieillard et découvre l’univers de Baba, hanté par le souvenir et la solitude. Au delà des mots, une relation de complicité et de respect naît entre ces deux êtres…
Les thèmes de ce film sont contemporains : rencontre de deux générations, respect des «anciens», la quête…
A noter la beauté des visages. La musique apporte finesse et grâce. Une oeuvre filmique très prometteuse…

Un film a retenu l’attention du public : «Sweet Optimism», réalisé par un jeune japonais Ryotaro Muramatsu déjà remarqué par l’univers poétique de ses oeuvres.
«Sweet optimism» sonne très doux à l’oreille, gorgé de fantaisie et de bonne humeur communicative, il narre les péripéties d’une femme qui pour ne pas se retrouver seule à Noël, va finalement adopter une stratégie : elle fêtera deux Noëls à la fois. A elle de gérer la situation et de concrétiser le Noël de ses rêves.

Autre surprise, un merveilleux film anglo-indien : «Little terrorist» de Ashvin Kumar.
Ce film évoque le délicat sujet des frontières entre l’Inde et le Pakistan avec beaucoup d’imagination et de tendresse mais aussi réalisme. Il s’agit d’un enfant qui au cours d’une partie de football va partir à la recherche de son ballon tombé de l’autre coté du ravin. Sous un acte innocent, l’enfant franchit la frontière de l’Inde et se retrouve traqué comme un terroriste fugitif. Heureusement, un instituteur hindou croisé en chemin, le prendra sous son aile…

Deux petits chefs d’oeuvre coréens à signaler, l’émotion dans les deux cas étant au rendez vous. «Smoke-flavoured life» (Une vie au parfum de fumée) de Eunjung Ryou a d’ailleurs reçu, une mention du Jury international composé d’artistes de renom tels que Manuel Poirier, Keren Yedaya, Dag Johan Haugerud, Bill Plympton (Réalisateurs) et Evgueni Galperine (musicien , compositeur). Le film séduit le spectateur par la fraîcheur et la spontanéité de Younghee, petite fille espiègle dont la vie se voit chambouler lorsque son père infidèle se met à les frapper puis quitte le domicile familial. Mère et fille vont se retrouver et se révéler à elles-mêmes à travers un nuage de fumée.
Le deuxième film «Oleg » a réchauffé la salle avec de grands éclats de rire mêlés à des silences captifs. Film inspiré d’une histoire vraie réalisé par Min-Seong Kim (Corée du Sud], est l’histoire de Bon Woong, qui à la suite d’un accident, se voit contraint d’abandonner sa carrière de judoka. Il doit laisser derrière lui son rêve le plus cher, décrocher la médaille d’Or aux Jeux Olympiques. A son arrivée à l’hôpital, il fait la connaissance d’Oleg, un jeune russe. Très vite, et malgré la barrière de la langue, va naître une amitié qui va éveiller la passion endormie de Bon Woong pour la musique.

Mentions du Jury international :
– mention Evguéni Galperine à «Sangam» de Prashant Barghava (Etats-Unis/Inde)
– mention Dag Johan Haugerud à «Smoke-flavoured life»de Eunjung Ryou (Corée du Sud)
– mention Keren Yedayaà «Le cri» de Rahim Zahibi (Iran)
– mention coup de coeur «Le Sable du bédouin» (Israel)
Prix Canal + : «Cut» de Royston Tan (Singapour)

Pays : France

Laeticia Romanetti